Un grand nombre de personnes nous a demandé comment se procurer notre traditionnel rapport sur le millésime que le Journal Vinicole Suisse a publié pendant près de 50 ans.
Vous pouvez utiliser des extraits du texte comme bon vous semble (pas de copyright).
Entre les photos qui suivent le rapport sur le millésime 2005, vous trouvez les millésimes de 1997 à 2004 en format PDF (cliquez sur "millésime XX").
Nous vous faisons volontiers parvenir tout autre millésime depuis le milieu des années soixante.
l’année viticole2005
L’hiver 2004/2005 fut à nouveau très ensoleillé, très sec et très froid. En janvier, le thermomètre descend à - 10/-15 °C et en février les températures restent polaires. Malgré la couverture neigeuse, les dégâts de gel se révèleront très importants, surtout en plaine (40 à 60%). Sur l’ensemble du vignoble le pourcentage reste cependant inférieur à 5%.
Le 15 mars marque le passage d’un temps toujours hivernal à des températures nettement au-dessus de la moyenne, ce qui déclenche les pleurs vers le 20 déjà. Un mois d’avril très pluvieux, capricieux et frais compense l’important déficit hydrique et faillit causer un gel de printemps le 21. Nette hausse des températures le 29 puis débourrement général irrégulier. Début mai capricieux et frais avec un nouveau risque de gel à la fête des mères (8/9 mai). Rehausse des températures le 20.
Fleur début juin alors que le temps s’est à nouveau rafraîchi. Le taux de nouaison est relativement faible, ce qui provoque du millerandage et donnera naissance à de petites grappes. La fin du mois est caniculaire. Juillet, bien que dans l’ensemble plus ensoleillé et plus chaud que la moyenne, alterne les périodes fraîches et pluvieuses avec de belles tirades ensoleillées et chaudes. Le début du mois d’août fut plus frais, accompagné de grosses pluies (30-35 mm) qui se répèteront singulièrement tous les week-ends !
Véraison vers le 8 août. Septembre se déroule globalement sous le soleil, agrémenté de Foehn le 7, puis frais la semaine du 11 qui vit ce jour-là tomber 40 mm de pluie ! Quelques vignes furent attaquées par l’oïdium et on releva quelques rares cas de mildiou.
Vendanges, qualité, quantité
Début des vendanges le 22 septembre. Les premiers jours d’octobre sont pluvieux et (très) frais, suivis d’un été indien mémorable tant par sa longueur que par l’incroyable beauté de ses couleurs. Fin du gros des vendanges le 14 octobre déjà.
Les vendanges sont idéales : temps radieux, état sanitaire parfait, maturité optimale, petits rendements qui oscillent entre 800 g/m2 pour le Cornalin et 1 kg/m2 pour le Fendant. Au total ce sont 37,7 millions de litres (Ml) qui sont encavés (22,2 Ml de rouge et 15,5 Ml de blanc), soit seulement 2,5 Ml de plus que la toute petite récolte de 2003 et 6,5 Ml de moins que la moyenne décennale.
Les degrés Oechslé n’ont rien à envier au millésime 2003 : 79°Oe pour le Fendant, 96°Oe pour le Johannisberg, 95°Oe pour le Pinot et 92°Oe pour le Gamay !
Un état sanitaire parfait et belles acidités nous ont façonné un millésime 2005 très porté sur le fruit et la fraîcheur, avec des robes bien colorées. Au vu des rendements très modestes dans les rouges, nous nous attendions cependant à des vins encore plus denses et charnus. Les surmaturés sont de toute belle facture. Le marché
Heureusement que la récolte 2005 fut si modeste car le recul de consommation lié à l’introduction du 0,5 pour mille n’a pas épargné le Valais. Selon les statistiques (qui manquent encore de précision), la consommation a baissé de 45 à 38 millions de litres (Ml). Moins 2 millions dans les blancs et moins 5 dans les rouges !
La toute petite récolte inversa la tendance baissière des prix des rouges qui s’était amorcée avant les vendanges, ce qui nous permit de reconduire les prix du 2004 en début de campagne. Le manque de Goron a également permis d’absorber quelques lots de rouges de qualité inférieure.
Tout autre son de cloche pour le Fendant : les importants stocks d’il y a quelques années seulement, disponibles à des prix défiant toute concurrence (même internationale pour de telles qualités) permirent aux commerciaux des grands acteurs de proposer de très intéressantes actions aux distributeurs suisses et étrangers. Les volumes ainsi écoulés eurent un tel succès que la récolte (les surfaces représentent aujourd’hui à peine 1'200 ha contre 1'700 ha en 1996) n’arrive pas à couvrir les besoins créés. Les lois immuables et impitoyables de l’offre et de la demande ont ainsi progressivement raffermi les prix jusqu’à permettre aux rares détenteurs de lots de Fendant d’obliger les acheteurs à prendre du rouge avec !
Le marché des spécialités (23 % de la récolte !) s’est bien développé suite à l’augmentation de l’offre en 2004. Le Johannisberg continue à être recherché. La petite récolte 2005 permit ainsi de maintenir des prix confortables. Notons que les vins doux ont moins la cote, de même que les rosés (Œil-de-Perdrix et Dôle blanche).
La crédibilité de l’AOC valaisanne fortement renforcée
L’interprofession des vins du Valais a frappé un grand coup en devenant, à notre connaissance, le seul vignoble au monde qui contrôle le vignoble (17'290 contrôles dans les 69 communes viticoles effectués entre le 15 août et le 15 septembre !) afin d’enlever le droit de produire de l’AOC aux parcelles qui :
- sont atteintes de maladies - dont la surface foliaire est insuffisante - dont le rendement est excessif.
Le Valais se bat en outre énergiquement contre un article du projet PA 2011 qui permettrait de commercialiser ses spécialités en catégorie 2.
Malgré l’importante baisse de consommation suite au 0,5, malgré la concurrence souvent déloyale de produits étrangers produits et fabriqués à grande échelle, malgré les tendances du consommateur à zapper et butiner, le vignoble valaisan a un très bel avenir devant lui car :
- on peut y planter et y élaborer quasiment tout type de vin - le vignoble se situe dans une région attrayante et touristique - la production suisse ne couvre que 40% d’une consommation certes en baisse mais axée sur les produits de haut de gamme - l’AOC valaisanne devient l’une des plus crédibles